Mes chers Amis,
Le PS a contribué à sortir le pays de la crise.
J'en suis heureux.
En permettant la mise sur pied du gouvernement intermédiaire, nous avons restauré une certaine confiance chez nos concitoyens.
Certes, la stratégie du mépris n'a pas dit son dernier mot. Certains persistent à
dénigrer tout le monde.
Et comme d'habitude, ce sont ceux qui critiquent le plus qui proposent le moins !
Mais de manière générale, le climat politique s'est amélioré. Le débat a pris un peu de hauteur et l'on recommence à parler des problèmes des gens.
Nous ferons le maximum pour que les négociations se clôturent à l'avantage de tous les Belges. Et donc, bien entendu, des Wallons, des Bruxellois et des Francophones, où qu'ils résident.
La Wallonie, en plein redressement, et Bruxelles, plus consciente que jamais de son rôle vital, attendent beaucoup de travaux qui s'ouvrent.
Mes chers Amis,
Avant les élections présidentielles, Sarkozy avait dit qu'il fallait rendre du pouvoir d'achat aux Français. C'était le thème majeur de sa campagne électorale
Les Français l'ont cru. Il a été élu.
Aujourd'hui, Sarkozy dit qu'il ne peut rien faire. Il constate que les caisses de l'état sont vides. Mais ce que Sarkozy ne dit pas, c'est que c'est lui qui a vidé les caisses, en faisant de gros cadeaux fiscaux aux Français les plus riches !
Ce qu'il ne dit pas, c'est que ses amis, notamment ceux qui lui prêtent leur jet pour partir en vacances, vivent de mieux en mieux. Et ce qu'il fait semblant de ne pas voir, c'est qu'un très grand nombre de Français ne s'en sortent plus à cause des prix de l'alimentation, du chauffage ou du logement !
Chez nous, avez-vous entendu la droite belge ?Elle imite sans arrêt la droite française ! Elle nous dit également : « attention, les caisses de l'Etat sont vides ».
Elle affirme qu'on ne pourra pas faire grand-chose dans le cadre du budget 2008 pour renforcer le pouvoir d'achat de nos concitoyens.
Oubliant au passage que
les caisses sont vides parce que les fameux « intérêts notionnels » qui allègent grandement la fiscalité des grosses entreprises vont finalement coûter 2,4 milliards au lieu des 500 millions prévus au départ, selon le ministre des finances dans l'Echo et sur le site du MR.
Chez nous aussi, il y en a qui ne parlent qu'à l'oreille des riches !Le PS propose au contraire que l'on réduise la TVA à 6% sur le gaz et l'électricité. Cela ferait en moyenne 230 euros en moins sur la facture énergétique des familles.
Pour ce faire, il faudrait dégager 700 millions d'euros. Soit
3,5 fois moins que le coût des intérêts notionnels !
Le PS veut continuer à réduire les impôts des personnes à bas ou moyensrevenus.Nous voulons une réduction d'impôt que nous avons appelée « crédit social d'impôt » de 500 à 1000 euros pour les travailleurs qui ont des revenus bas et moyens.
Si on commençait par une réduction d'impôt de 125 euros pour les travailleurs qui en ont le plus besoin, cela couterait 400 millions d'euros, soit 6 fois moins que les intérêts notionnels !
Le PS veut aussi supprimer la cotisation dite de solidarité que paient certains pensionnés, et accorder dans un premier temps 2% d'augmentation aux pensionnés qui ne paient pas cette cotisation. Cela couterait 550 millions d'euros, soit 4 fois moins que les intérêts notionnels !
Par ailleurs,
le PS veut introduire un mécanisme de contrôle des prix des produits et biens de première nécessité. Pour cela, pas besoin des 2,4 milliards des intérêts notionnels.
Une telle mesure coûterait 0 euro !
Vous l'avez compris, ce n'est pas d'une réforme fiscale que l'on a besoin. C'est d'une révolution fiscale.
Le coût de tout ce que je viens de proposer pour les gens ne représente pas les 2/3 du coût des intérêts notionnels.
Qui doit bénéficier en priorité de la politique du gouvernement ?
Pour le PS c'est clair. Ce sont les citoyens.
Chez nous les gens travaillent durement, le plus souvent pour un salaire trop modeste ?
L'empreinte sociale que le PS veut imprimer au gouvernement, c'est notamment aider les gens à
se chauffer pendant l'hiver. C'est faire en sorte que les travailleurs aient
plus d'argent à la fin du mois. C'est permettre à chacun de
se soigner au quotidien. C'est assurer à toute personne une
pension décente après la vie active.
Mes chers Amis,
En France et en Belgique, la droite a la même obsession : réaliser des réformes fiscales très coûteuses, qui profitent surtout à ceux qui n'en ont nul besoin.
Quand les socialistes proposent des mesures qui ne coûtent rien, comme le contrôle des prix, on dit que ce sont des solutions du passé.
Mais nous socialistes, nous refusons la régression sociale et le retour au 19e siècle.
Nous refusons que les bénéfices de certaines grosses entreprises atteignent des sommets himalayesques, pendant que le pouvoir d'achat des salariés diminue. Vraiment, je veux dénoncer ici une scandaleuse indécence. Celle qui consiste à dire qu'on ne peut rien faire pour le pouvoir d'achat des gens, alors que dans
notre pays la richesse globale ne cesse d'augmenter.
Selon les dernières estimations de la BNB, en 2006, les sociétés non financières belges ont enregistré un bénéfice net total après impôts de 43 milliards d'euros ; en progression de 5,1% sur un an. Sur l'année 2006, l'ensemble des bénéfices réalisés par les trois grandes banques belges se monte à 11,5 milliards d'euros. L'année précédente, ce chiffre était de 9 milliards d'euros.
Trends Tendances (Edito du 22 mars 2007) note également que les actionnaires des entreprises du BEL 20 se partageront 8,180 milliards d'euros avec une croissance de 19,5% par rapport à 2005.
Quand je pense que certains stigmatisent les allocataires sociaux, les chômeurs, pendant que d'autres s'enrichissent outrageusement sans devoir travailler...
Pour le PS, il serait normal que ceux qui travaillent dur pour nourrir leur famille paient moins d'impôts que ceux qui attendent tranquillement le paiement des dividendes de leurs placements boursiers.
Les socialistes ne considéreront jamais comme une fatalité cette angoisse du lendemain qui frappe les ouvriers, les employés, les petits indépendants...
Tout est une question de priorités politiques !Il faut le dire clairement. Les gens n'ont jamais eu autant de mal à boucler leurs mois, et pourtant jamais autant d'argent n'a été créé en Belgique!
Mes chers Amis,
Nos valeurs socialistes sont plus que jamais d'actualité.
Mais le PS doit, en permanence, s'interroger sur la meilleure manière d'améliorer la vie des gens.
Nous devons nous régénérer en permanence.
Nous devons sans cesse remettre notre travail de réflexion sur le métier et nous remettre en cause..
Il n'y a que la droite pour croire qu'il suffit de laisser agir le marché pour faire le bonheur des gens.
Nous, nous avons le devoir de bâtir un autre équilibre que celui de l'argent.
Un équilibre basé sur le bien-être de chacun, sur la juste répartition des richesses, sur la sauvegarde de notre planète.
Il n'y a pas d'avenir collectif possible sans une volonté politique forte, sans des propositions novatrices et fédératrices.
C'est ce dont nous allons débattre pendant cette année 2008, à travers l'opération « Artisans du progrès ». Le programme des débats compte déjà 140 ateliers répartis un peu partout en Wallonie et à Bruxelles.
Et ce n'est qu'un début. Ce que nous allons dessiner durant ces 12 mois de débats, c'est le socialisme de demain.
Je veux que nous restions ce que nous avons toujours été : le parti politique le plus utile au pays et aux gens.
Les Artisans du Progrès, ce sont des militants du PS et des progressistes actifs qui s'engagent pour faire bouger les choses positivement. Ce sont des hommes et des femmes de conviction, qui prennent les devants, qui proposent des thèmes de réflexion et qui redéfinissent le message du Parti. Leur objectif est de faire naître, par la culture du débat, les propositions politiques qui permettront demain d'améliorer la vie de tous nos concitoyens.
Le PS, notre grand parti populaire de gauche, a l'obligation morale de se régénérer en permanence. Pour ce faire, nous voulons nous baser sur l'expérience et l'intelligence des gens.
Chacun a son histoire. Chacun a son vécu. Chaque citoyen peut témoigner, apporter son témoignage personnel, enrichir la réflexion par des idées et suggestions.
Chers Amis,
Le PS, c'est le parti de la modernité, de l'avenir. Regardez autour de nous, au sein de l'Union européenne.
Un peu partout, les progressistes réfléchissent et construisent le futur.
En Allemagne, en Espagne, en Italie. Un peu partout, on voit que, face au capitalisme et à l'ultralibéralisme, on a besoin d'une gauche forte et revigorée.
Dans notre société mondialisée, où les liens sociaux s'amenuisent, les partis de droite « agissent en courroie de transmission du monde comme il va ».
Pour offrir de meilleures perspectives d'avenir aux gens, une gauche forte et moderne est nécessaire.
Il nous faut un PS fort au sein d'une gauche qui défend avec ténacité les travailleurs et ceux qui n'ont pas la chance d'avoir un emploi.
Une gauche qui assure des revenus décents à ceux qui, toute leur vie durant, ont travaillé.
Une gauche qui s'oppose au chacun pour soi. Une gauche qui garantit la justice sociale et le respect de notre planète. Une gauche fidèle à ses valeurs et tournée vers l'avenir. C'est ça, la gauche des générations futures, la gauche moderne qui réaffirme la solidarité comme condition de la liberté. La gauche moderne qui veut réduire les inégalités entre riches et pauvres, réduire les déséquilibres entre capital et travail. La gauche moderne soutient l'économie productive, l'économie qui crée de la valeur et dont la croissance entraîne dans son sillage les travailleurs.
Nous voulons une économie productive qui permette aux travailleurs de gagner honorablement leur vie, de nourrir leur famille et de se sentir acteurs de la société.
Le travail est une valeur cardinale de la gauche moderne, et donc du PS.
Notre priorité est non seulement de
revaloriser le travail des ouvriers et des employés, mais aussi de « sécuriser chaque travailleur en lui permettant d'accéder à un emploi stable».
A ce titre, le PS est partenaire des entreprises qui assument leur rôle et leur responsabilité sociale envers les travailleurs.
Par contre, le PS est adversaire de l'économie de rentiers, cette économie qui glorifie les prédateurs financiers et leur marche folle vers toujours plus d'argent.
Nous voulons « mettre de la redistribution partout où il y a du marché, et du marché régulé partout où il y a des rentes ».
La gauche moderne est redistributrice. Nous ne croyons pas que la détention de la majorité des richesses entre les mains de quelques-uns soit un gage de progrès.
Au contraire, la correction des inégalités passe par une meilleure redistribution des ressources entre ceux qui ne savent plus quoi en faire et ceux qui ne disposent même pas du minimum.
Oui, définitivement oui, il faut baisser la fiscalité sur le travail. Mais oui, définitivement oui, il faut aussi l'augmenter sur le capital.
Entre 1991 et 2005, 194,2 milliards d'euros de plus-values sur actions n'ont pas été imposées à l'impôt des sociétés. Si l'on déduit les moins-values, il reste 70 milliards d'euros. Si l'on avait soumis ces plus-values nettes à l'impôt des sociétés, l'Etat aurait bénéficié de
23 milliards d'euros pour nos citoyens.
Mais
la droite s'y est toujours opposée.
Quand on parle à l'oreille des riches, on est si proche qu'on ne veut pas leurdéplaire.
Qui a profité de ces plus-values?
Les bas et moyens revenus? Ceux qui vivent dans l'angoisse du lendemain ?
Poser la question, c'est y répondre...
Repenser fondamentalement la fiscalité, ça doit être un des enjeux de nos Artisans du progrès.
Le PS ne croit pas en la dérégulation ou en la « main invisible » du marché.
Le libéralisme sans contrôle et sans surveillance n'a jamais fait autre chose que le bonheur des riches et le malheur des peuples.
La gauche moderne veut une régulation. Pour elle, la puissance publique doit avant tout s'attaquer aux injustices sociales.
Nous devons établir les règles du jeu qui sont nécessaires à un exercice transparent et libre de la concurrence, pour éviter que des pratiques contraires à l'intérêt collectif ne puissent s'installer.
Sans gouvernance publique sérieuse, le libéralisme condamne la grande majorité des gens à une vie dirigée par la peur. Ce monde-là, les socialistes n'en veulent pas !
Chers Amis,
N'ayons pas une attitude larmoyante vis-à-vis du monde et de son devenir.
Il n'est pas question de déposer les armes et de s'avouer vaincu devant l'ultralibéralisme.
Tout notre passé, lointain ou récent, montre que nous sommes capables d'obtenir beaucoup lorsque nous conjuguons nos forces.
Demain nous serons les artisans, les ingénieurs et les ouvriers d'un modèle social équilibré. Nous créerons un monde juste et durable, qui garantira l'émancipation de tous.
La gauche moderne est ultra progressiste. Nous ne croyons pas à la fatalité du destin social qui enfermerait les personnes précarisées.
Nous croyons au progrès et à l'innovation partagés par tous, en permettant à chacun de trouver sa place au sein de notre société.
Nous nous battons pour créer plus de richesses : économiques, sociales et culturelles, par-delà les situations initiales, les générations ou les classes sociales.
Nous croyons en une justice sociale ancrée dans la réalité et soucieuse de combattre la surenchère ultralibérale.
Oui, une alternative positive pour le plus grand nombre est possible.
J'ajouterai que la gauche moderne est à la fois sociale et écologique.
La crise environnementale ne peut pas servir de prétexte au renforcement du modèle socioéconomique dominant.
La crise environnementale ne se résoudra pas par une régulation à la marge d'un nouveau capitalisme teinté de vert ou par une écologie de marché.
Les valeurs de justice et de solidarité, portées par les combats du mouvement syndical et les conquêtes politiques du socialisme doivent sortir renforcées de ce défi.
La crise écologique nécessite la mise en ½uvre de politiques radicalement novatrices qui réhabilitent notre rapport fondamental à nous-mêmes, aux autres et à la nature.
La vision que nous poursuivons est celle d'une société qui permet à chacun de fabriquer son existence et de « densifier sa vie » en solidarité avec les autres.
Oui chers amis, réaffirmons notre crédo.
La solidarité est artisan de liberté.
Notre ambition est de permettre à chacun d'être maître de son destin, de permettre à chacun de s'épanouir.
Nous voulons une société d'individus libres de choisir leur vie
Et non pas une société d'individualistes.
Nous voulons une société où on encourage l'effort et la créativité et non pas une société de privilèges et d'exploitation des uns par les autres.
La solidarité est la valeur moderne dans un monde d'incertitudes.
La solidarité conduit à la sécurité d'existence, cette sécurité à laquelle aspire le plus grand nombre d'entre nous.
En 2008, je vous invite à devenir tous des Artisans du Progrès !
Elio Di Rupo