Rudy Demotte, vous avez récemment entamé un tour de Flandre au cours duquel vous entendez rencontrer les décideurs économiques flamands. Pourquoi cette initiative?
Rudy Demotte : Vous savez, je l'avais indiqué en août dernier: l'un de mes objectifs principaux en tant que Ministre-Président du Gouvernement wallon consiste à faire connaître à tous, tant en Wallonie qu'en Flandre ou à Bruxelles, les nombreuses avancées enregistrées en Région wallonne ainsi que les multiples signaux qui attestent d'un redressement économique à l'œuvre.
Il s'agit de leur exposer en quoi la Wallonie a changé et d'expliquer pourquoi cette région mérite aujourd'hui plus encore qu'hier toute leur attention.
C'est là, pour moi, un préalable nécessaire au renforcement des collaborations entre les différentes entités régionales du pays, souhaité par le Ministre-président wallon.
Selon vous, le redressement de la Wallonie passe par Bruxelles et la Flandre?
Rudy Demotte : Notamment. Vous savez, tous les observateurs le reconnaissent aujourd'hui, la Wallonie va mieux et renoue avec la croissance. De nombreux éléments en attestent.
C'est évidemment une excellente chose. Mais ce n'est pas pour autant qu'il faut considérer que le travail du politique est achevé. Si les choses vont effectivement mieux, c'est une raison supplémentaire pour redoubler d'efforts et de travail pour ancrer durablement cette tendance en Wallonie.
Et pour y parvenir, je n'entrevois d'autres moyens que la mise en place de partenariats forts. Avec les Wallons eux-mêmes d'abord parce qu'ils constituent à part entière le moteur de l'activité économique en Wallonie. Mais aussi avec les autres régions du pays. Penser que la Flandre, Bruxelles ou la Wallonie pourront s'en sortir en agissant chacune de manière isolée est illusoire. C'est en unissant nos forces que nous atteindrons tous notre objectif commun à savoir le bien-être des habitants des trois régions.
C'est là le message que je m'attache à faire passer aux décideurs économiques flamands que je rencontre ponctuellement, notamment au travers de mon tour des chambres de commerce flamandes.
Vous vous êtes déjà rendu à Anvers et Hasselt. Quelle est la réaction des Flamands que vous y avez rencontrés à l'égard de votre initiative?
Rudy Demotte : Leur réaction est assez intéressante parce que très positive. Lors de ces rencontres, je m'attache à leur décrire quelles sont les tendances actuelles qu'on observe en Wallonie, chiffres à l'appui, et les différents atouts dont dispose notre région.
Et, le moins qu'on puisse dire, c'est que leur intérêt est bien réel. Parce que ça met à mal les nombreux clichés qu'ils nourrissent à l'égard du Sud du pays. Pour vous donner un exemple, ils ont l'habitude de s'entendre dire que les Wallons ne se bougent pas pour trouver un travail ailleurs à Bruxelles ou en Flandre. Inutile de vous dire que quand je leur indique que 13,3% des wallons se rendent quotidiennement dans une autre Région pour travailler contre 9,7% pour la Flandre, ils sont pour le moins assez surpris...
Vous avez encore d'autres rencontres prévues?
Rudy Demotte : Les prochaines étapes de mon tour en Flandre seront Courtrai et Malines. D'autres s'ajouteront encore. Et pour cause: l'initiative a apparemment suscité l'intérêt d'autres acteurs économiques, pas forcément flamands d'ailleurs. Unizo, Man bijt Hond mais aussi la Chambre de Commerce américaine nous ont ainsi contactés la semaine dernière pour la mise en œuvre de ces rencontres avec leurs propres membres. Il va de soi que je tâcherai à chaque fois de répondre positivement aux propositions qui me seront faites.
Par ailleurs, ces rencontres ne se limiteront pas à la seule Flandre: elles se dérouleront également à Bruxelles et en Wallonie. Ce sera pour le début 2008.